Une école en manque de remplaçants

Une école en manque de remplaçants

Lettre premier degré




Une école


en manque de remplaçants






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LE PREMIER DEGRÉ 35 - janvier 2021
Par Sylvie Morante Cazaux, SNALC Premier degré
et Christelle Assens, SNALC Premier degré
premierdegre@snalc.fr




Alors que les écoles sont restées ouvertes pendant le confinement et que le ministère annonçait à grand renfort de chiffres biaisés que la Covid-19 était peu présente dans les écoles, le SNALC a fait ses propres constats sur le terrain.

Une réalité qui date

Sans compter les personnels vulnérables logiquement mis à l’abri loin de l’école, beaucoup d’enseignants sont tombés malades pendant cette période. Vraiment beaucoup. Quand un enseignant est non remplacé, la situation exige une répartition de ses élèves dans les autres classes. Mais en période de pandémie, qu’en est-il du respect du protocole sanitaire ? Quid du « non-brassage des groupes » ?
La pénurie de remplaçants est le fruit de longues années de détricotage. Cette carence a été dénoncée par le SNALC depuis longtemps. L’interrogation aujourd’hui est la suivante : comment, en ayant connaissance du nombre d’enseignants vulnérables, le gouvernement a-t-il pu faire abstraction de cette pénurie pour la rentrée 2020 ?

Entre la deuxième vague qui se profilait pour l’automne, la propagation certaine du virus à l’école malgré le protocole (élèves sans masque en septembre) avec pour conséquence les 7 jours d’isolement et le manque de remplaçants établi, la situation ne pouvait qu’aboutir à un absentéisme d’enseignants sans précédent. Un recrutement de remplaçants supplémentaires s’avérait plus que jamais indispensable. Le gouvernement qui a crié haut et fort « Nous sommes prêts pour la rentrée ! » ne l’était pas du tout. Il a manqué de réactivité et le recrutement tant attendu s’est réalisé tardivement.

La gestion du remplacement sous Covid-19

Alors même que le ministre avait reconnu le décrochage de nombre d’élèves, avec un besoin d’aides adaptées et de soutien à la suite du premier confinement, dès les premiers jours de la rentrée, le manque d’enseignants a pris parfois des allures de situations ubuesques.
Bon nombre d’élèves qui avaient pris du retard, ont subi l’absence de leur enseignant ou dans le meilleur des cas, un remplacement parcimonieux de ce dernier.

Ici, on plaçait un remplaçant sur un poste le matin puis sur un autre l’après-midi. Ailleurs, on envoyait un maître du RASED - quand il en existe encore – pour assurer une suppléance, y compris sur du long terme. La situation était telle que certaines mairies ont dû mettre en place en urgence des moyens d’accueil de substitution ou autres 2S2C.…

Très vite, pour « régler le problème », la réponse la plus répandue a été le recrutement en quantité de contractuels. On remarquera au passage qu’il n’a pas été choisi de solliciter des candidats sur liste complémentaire…

Alors certes, l’administration a trouvé un stratagème en apparence efficace pour pallier en urgence les absences des enseignants vulnérables et malades. Certes, les personnels engagés ont pu assurer bon an mal an ces remplacements. Certes, le SNALC peut comprendre qu’à cette situation exceptionnelle, il a fallu apporter une réponse exceptionnelle. Mais il faut qu’elle reste exceptionnelle.
Pour le SNALC il serait préjudiciable, dans les années à venir, de transformer l’exceptionnel en pérenne et de recruter à tout-va des contractuels pour pallier le manque chronique de remplaçants. Car ne l’oublions pas, remplaçant c’est un métier.

Remplaçant, c’est un métier

Le SNALC en veut pour preuve le fait que ce sont les brigades qui ont été envoyées sur le front des remplacements Covid. Les contractuels ont, pour leur part, été placés sur des remplacements plus longs, souvent à la place de brigades qui avaient été préalablement positionnées sur ces postes, idéal pour le remplaçant qui s’était investi, pour la stabilité des équipes, pour la compréhension des familles et pour le bien-être des élèves, n’est-ce pas ?
Mais ne nous y trompons pas, ce jeu de chaises musicales n’est pas anodin. D’une part, on a compté sur la bonne conscience professionnelle des professeurs des écoles en place (ou en télétravail) pour accompagner et aider au mieux les « nouveaux » au sein d’une équipe stable.
D’autre part, les débutants dans le métier, sans aucune formation, ne sont pas en mesure de « tourner » dans les écoles avec toutes les difficultés dues à la spécificité de ce type de poste. Les professeurs des écoles remplaçants, eux, sont de véritables professionnels expérimentés qui sont immédiatement efficaces sur le terrain.
Ils disposent de nombreux atouts : expérience, connaissance des élèves, des collègues, des locaux, de la législation, du protocole, de tous les programmes et des niveaux, des différentes organisations pédagogiques, de la circonscription…
S’ils n’ont pas été ménagés pendant cette période difficile, les professeurs des écoles remplaçants ont répondu présents et ont largement prouvé leur valeur, s’adaptant toujours plus, entre protocole sanitaire et élèves masqués.

Le SNALC veillera à ce que le ministère n’oublie pas leur investissement durant cette crise et à ce que le recours en masse à des contractuels pour compléter les brigades ne reste qu’un épisode lié à la pandémie.





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